Des assemblages mobiles et adaptés

March 21, 2019

Mobile hyperplaces as “devices”: establishing mobile and situation-adapted assemblages

 

New types of negotiations for different devices

Mobile hyperplaces take the form of augmented spaces, capable of providing services or on-demand opportunities for action through mobile and connected service providers. One way of understanding them is to see them as heterogeneous assemblages, and therefore as processes, based on activities that need to be practiced in order to give them consistency and solidity. Assembling an on-demand service in a given place entails first of all negotiating temporary residence with respect to institutional and neighborly restrictions (the rights and constraints concerning the possibility of settling somewhere). The lighter the system is, the easier it is to accommodate the different claims and demands that constitute the normative framework that governs a particular place: in this respect, there is a big difference between a delivery tricycle and an autonomous bus. Secondly, the service – and the mobile vehicles that provide it – must be prepared in a way that is adapted to the places, times, and durations of residence. Finally, the less regular or periodic the mobile service that the hyperplace offers, the more it relies on the connectivity between its different components, in particular between the mobile service and the potential users/passers-by/inhabitants. This connectivity, which is increasingly digital, therefore implies personal relations: the hyperplace is more a place characterized by encounters founded on a variable degree of mutual familiarity, than an anonymous passing place.

 

The risk of new exclusions                                                                  

To conceive of the hyperplace in this way is also to reveal the work needed to keep these assemblages together. The hyperplace requires maintenance, service, and repair infrastructures that are specific (in particular because they will need dedicated mobile response teams), in general proportional to its size and technical sophistication. These maintenance and service infrastructures are generally glossed over in promotional materials, which are usually content to show users in the process of “consuming” a hyperplace. Finally, the approach in terms of devices and assemblages provides a way to think differently about the issues of exclusion and discrimination. Mobile services can not only be discriminatory because they are aimed at particular populations (e.g. because of the type of service offered or the forms of spatial segregation that operate in their environment), but they also generate forms of exclusion that are intrinsic to the way they are assembled and maintained. For example, an automatic supermarket contained in an autonomous vehicle that travels to customers on request will exclude people who have no smartphones or lack software that is sufficiently advanced to locate the service, to identify the products, and to pay.

 

Les hyperlieux mobiles comme « dispositifs » : faire tenir des assemblages mobiles et ajustés aux circonstances

 

De nouveaux types de négociations selon les dispositifs.

Les hyperlieux mobiles se présentent comme des espaces augmentés, susceptibles d’offrir des prestations de service ou des opportunités d’action à la demande via des prestataires mobiles et connectés. Une manière de les appréhender consiste à les concevoir comme des assemblages hétérogènes, et donc de les saisir comme des processus, à partir des activités qu’il faut déployer pour les composer et les faire tenir. Assembler une prestation de service à la demande en un lieu donné suppose tout d’abord d’y négocier une résidence temporaire par rapport à des contraintes institutionnelles et de voisinage (les droits et les contraintes concernant la possibilité de s’installer quelque part). Plus le dispositif mobile est léger et plus il lui est facile de s’accommoder des différentes revendications des uns et des autres et qui constituent la trame normative constitutive d’un lieu donné : installer un triporteur ou un autocar autonome sont à cet égard deux choses très différentes. D’autre part, la prestation de service, et les véhicules mobiles qui en sont le support, doivent être préparés de manière ajustée aux lieux, aux moments et aux durées de résidence. Enfin, moins la prestation mobile qu’offre l’hyperlieu est régulière ou périodique, plus il repose sur la connectivité entre ses diverses composantes, en particulier entre la prestation de service mobile et les utilisateurs/passants/habitants potentiels. Cette connectivité, de plus en plus digitale et numérique, implique de ce fait des relations personnelles : l’hyperlieu se caractérise plus par une offre de rencontres fondées sur un degré variable d’interconnaissance que comme un lieu de passage anonyme.

 

Le risque de nouvelles exclusions.

Penser l’hyperlieu de cette manière c’est aussi rendre visible le travail nécessaire pour faire tenir ces assemblages. L’hyperlieu requiert des infrastructures d’entretien, de maintenance et de réparation qui sont caractéristiques (en particulier parce qu’elles vont nécessiter la réactivité et la mobilité d’équipes dédiées), en général proportionnées à sa taille et sa sophistication technique. Ces infrastructures d’entretien et de maintenance sont en général rendues invisibles dans les supports promotionnels qui se contentent en général de montrer des usagers en train de « consommer » un hyperlieu. Enfin, l’approche par les dispositifs et les assemblages permet de réfléchir différemment aux questions d’exclusion et de discrimination. Non seulement les services mobiles peuvent-ils être discriminants parce qu’ils s’adressent à des populations particulières (du fait du type de service proposé ou des formes de ségrégation spatiale qui opèrent dans leur environnement par exemple), mais ils produisent également des formes d’exclusion qui sont intrinsèques à la manière dont ils sont assemblés et entretenus. Par exemple, un supermarché automatique porté par un véhicule autonome et qui se déplace à la demande exclura ceux qui n’ont pas un smartphone et les logiciels suffisamment avancés pour localiser le service, identifier les produits, et payer.

 

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